Le watsu, aux sources de soi

Inspiré du shiatsu traditionnel japonais, le watsu® – contraction de water et shiatsu – est devenu en quelques années une pratique de bien-être incomparable, qui utilise l’eau comme outil de massage.

Du Japon à la Californie

Un proverbe indien dit que « le corps est une inscription sur de l’eau ». L’image poétique rappelle que la vie y prend toujours sa source. Molécule essentielle, elle irrigue notre organisme et lui donne sa forme. Déjà dans le ventre maternel, le corps du fœtus en est composé à 80 %. Du plus profond de nos cellules, l’eau est le véhicule de notre mémoire corporelle. Une connexion archaïque que réactivent souvent les plaisirs du bain. Faire l’expérience du watsu, c’est s’offrir ce voyage vers soi-même.

Au début des années 1980, Harold Dull, praticien et enseignant, a l’idée d’emmener ses élèves pratiquer les étirements du shiatsu dans les sources d’eau chaude de Harbin, en Californie du Nord. Les mouvements se font alors plus fluides et plus amples. Pour le spécialiste, pas de doute : en s’affranchissant du poids du corps, l’énergie circule plus librement. Dans la lenteur de l’eau, la densité des gestes du shiatsu laisse place à des mobilisations subtiles. Empli de douceur, le soin devient une véritable chorégraphie.

L’accord parfait

Dans cet accompagnement précis, l’eau est au cœur de la pratique. Pour un confort optimal, le watsu s’effectue dans une piscine chauffée à 35 °C, c’est-à-dire une température légèrement supérieure à celle de la peau. La personne qui le reçoit peut être munie de flotteurs au niveau des cuisses et des mollets, mais ce n’est pas indispensable. Après une prise de contact dans l’eau, le praticien va placer son client en position horizontale et le tiendra dans ses bras tout au long de la séance. Solide sur ses jambes, il gardera un bras en soutien sous le haut du corps, tandis que l’autre alternera mouvements de bercement, étirements et pressions sur les méridiens. Il saura également intégrer des temps de calme et d’écoute, indispensables à l’intégration des ressentis.

Très vite, les respirations s’accordent et le lâcher-prise arrive. Immergés ensemble pendant environ une heure, le binôme partage une séance unique. Parce qu’il repose sur une grande proximité et un souci de délicatesse, le watsu offre les conditions idéales d’un abandon total. En résonance avec son histoire, la personne retrouvera les soins maternels de l’enfance, la liberté d’une danse ou encore un plongeon méditatif. Sensoriel, émotionnel et parfois spirituel, le watsu est le véritable perfect fit, tant apprécié des professionnels du massage-bien-être.

Art aquatique

Au cours des trente dernières années, le watsu a ouvert la voie à d’autres pratiques de bien-être dans l’eau. Le water dance®, qui mêle ballet classique, art martial et nage des dauphins est l’occasion d’une thérapie dynamique par le travail du souffle et le travail ondulatoire du corps. Parmi les techniques en développement, on trouve également l’aqua-réflexologie ou le watsu néonatal. Si l’offre est diversifiée et ouverte à tous, elle repose néanmoins sur un savoir-faire exigeant. En France, ces approches originales sont encadrées par l’École française de watsu et de massage aquatique.

Le massage-bien-être sur table, qui a su se faire une place dans notre quotidien, répond aujourd’hui à de nouvelles attentes. Confiant et en quête d’un bien-être toujours plus authentique, le grand public découvrira ici une autre relation au corps, le sien comme celui de l’autre. Pour le praticien, ces disciplines avant-gardistes questionnent le potentiel du travail corporel et enrichissent le rapport à la clientèle.

Source

Par  Lucile DE LA REBERDIÈRE/ paru dans La Massagère / Numéro 16 / 2014.